Marlène Rubinelli-Giordano est une femme de la piste, du corps, de l’image, qui laisse sur scène déborder son imaginaire au point d’en faire la trame de Des bords de soi. Elle invente une traversée commune à l’artiste et au spectateur, et s’interroge : « De nos failles, qu’est-ce qui déborde ? Et quels ponts, pour traverser ce qui se déverse ? Pour cet opus elle convoque cinq artistes de cirque avec leurs agrès - mât chinois, fil, sangles, contorsion, roue cyr - qui font sur scène l’expérience acrobatique et chorégraphique du débordement.

« Faire jaillir ce que nous contenons, est-ce devenir différent, dissident, libre ? » s’interroge-t-elle. Avec son regard amusé et lucide, « elle invite les uns, les autres à percevoir ce qui déborderait de soi, de nous ». Son inspiration ? Les discours à la marge, les personnes hors normes, toujours attirée « par ce qui est au-delà de l’attendu, de l’imposé, par ce qui émane des tréfonds ». Le public n’est pas au bout de ses surprises qui vit la traversée avec les artistes ! Quand le spectacle déborde de lui-même, quand les artistes débordent du chapiteau, il est invité à déborder d’une place assignée…