Le « Théâtre de la caresse » de Daniele Finzi Pasca rend hommage à Tchekhov – l’auteur, le poète, le docteur, l’amoureux des femmes –, dans une kyrielle de poèmes suspendus. Un spectacle léger comme l’air.

Théâtre acrobatique. « Quand j'ai fini de travailler, je cours au théâtre ou à la pêche », disait Tchekhov. La pêche plongeait l’intarissable dramaturge dans un état méditatif profond, un silence intérieur qui n’était rompu que par le tintement de la donka, une petite clochette attachée au fil de la canne à pêche qui sonne lorsque le poisson mord. C’est cette image qui a inspiré Daniele Finzi Pasca pour créer Donka, à l’occasion de l’ouverture des festivités de Moscou célébrants le 150e anniversaire de la naissance d’Anton Tchekhov, en janvier 2010.

Sur une même toile, artistes, clowns, musiciens, danseurs et acrobates du monde entier font renaître les personnages de l’œuvre de Tchekhov dans ce tableau d’une Russie fantasmée. Au son des valses, de l’accordéon et des mélodies russes, docteurs, étudiants, veuves et rêveurs se croisent et dansent ensemble dans ce poème en images. Après La Verità, qui s’inspirait de l’univers de Dalí, Finzi Pasca revient au Grand Théâtre répandre la magie de son théâtre, acrobatique et aérien, pour raconter Tchekhov à sa manière. Avec humour et poésie, Donka fait se rencontrer deux imaginaires aussi fragiles qu’intenses. Comme un rêve d’enfant.