Nathan Israël, interprète circassien et Luna Rousseau, metteur en scène-auteure, ont fondé le Jardin des Délices, tendus vers une envie commune: inventer un cirque au corps pluridisciplinaire, tendre un miroir au monstre, à l'étrange. Pourvu qu'il y ait du trouble.

La Chose, dont le théâtre d'Arles accueille la toute première, surgit d'une longue période d'incubation ave cinq interprètes: danseurs, cordelistes, jongleurs, acrobates. Une belle troupe d'hommes et de femmes. De chevelus et de chauves. Car la matière "cheveu" sera le fil étiré tout au long de cette Chose en gestation. Une matière au potentiel hautement symbolique, porteur de séduction ou de virilité, d'animalité et de trouble.

Toisons, mèches, poils, cheveux peuplent la scène et les airs, enrobent cette pièce de corde, de portés et de danse. Tout se métamorphose, corps, espaces, groupe. L'organique l'emporte, jusqu'à la transe, jusqu'aux grands éclats de rire, même un peu grinçants.