Le Nouveau monde est une méditation sur les débuts du XXIe siècle. Quand a-t-il vraiment commencé : En novembre 1989, à la chute du Mur de Berlin ? En 1992-94, avec la naissance d’internet ? Le 11 septembre 2001 ? En 2007, à la signature du protocole de Kyoto ? Pour envisager l’inconnu, il n’y a ni l’histoire, ni la philosophie, ni la science, il n’y a que la poésie d’un spectacle, la naïveté du cirque et la performance de Gilles Cailleau qui va jusqu’au bout de ses questionnements sur le monde qui vient. Qui monte des Tours de Babel comme des Twin Towers, offre la parole aux petits et aux grands, badigeonne de rouge le sol en d’épaisses couches de peinture…

On est avec lui, on est entre nous, à la fois nulle part et partout, totalement à son écoute tant il excelle au théâtre, dans la manipulation d’objets, le lancer de couteaux, et prend le risque du déséquilibre. On fait corps avec lui dans ce bric-à-brac de matières d’hier et d’aujourd’hui, de plastique, ferraille, bois, verre, explosifs... Il y a l’odeur du brûlé, il y a un sol comme une aire d’autoroute, il y a des marionnettes, un enfant couronné et des Playmobil qui philosophent.

Le dernier secret de ce spectacle est qu’il commence en solo et se finit ensemble : chacun peut y faire don d’un petit bout de soi.