Depuis deux ans, au fil des tournées, le Théâtre du Centaure a commencé un travail de recherche sur la différence et le handicap avec trois centaures : l’un aveugle, le second empêché dans sa motricité et le troisième en burn out. Manolo a souhaité écrire L’Envol à l’encre des corps de ses amis et danser avec son cheval Toshiro parce qu’avec lui, parfois, il a l’impression de voler. Cette pièce, justement, c’est l’énergie de se relever, un chant d’allégresse, un cri d’alliance.

Les yeux bandés, debout sur son grand cheval noir, Camille avance à tâtons, avec une canne blanche ; hommage à cette relation entre deux êtres vivants pour voir, vivre, marcher et être ensemble.

Bertrand et son cheval Akira prolongent et développent leur personnage de la précédente création : John, l’ancien trader haute fréquence qui a quitté le monde de la finance ne parle plus, sauf parfois à ses téléphones imaginaires, enfermé dans les stigmates du monde moderne, en lutte avec les scories de son ancienne vie.

Quant à Manolo et Toshiro, ils esquissent ensemble une danse de petits pas. Une danse couchée au sol, une danse boiteuse avec deux béquilles à taille de centaure. Quel bonheur de danser encore et encore !