Les écrans sont omniprésents, abreuvant nos cerveaux d’une profusion d’images qui nous fait parfois confondre le réel avec ses représentations. On peut s’en effrayer, ou bien jouer avec ce phénomène.

Dans Cubix, le point de départ, c’est un jeu de cubes. Jeu de notre enfance se prêtant à toutes les métamorphoses, à l’exploration tâtonnante et joyeuse d’un réel en perpétuel mouvement. Mathieu Enderlin, concepteur et metteur en scène de cet «objet culturel non-identifié», réinvestit ce jeu de construction pour questionner et déconstruire notre rapport à l’image. Animation de cubes en manipulation directe et projections vidéo dialoguent dans un esprit ludique et poétique pour créer des formes brèves ; des poèmes visuels qui sont à la scène ce que les expérimentations littéraires de Queneau et de Prévert sont à la littérature.

Cubix fait appel à notre imaginaire. Il est, comme lui, en perpétuel mou-vement. Manipulations « rudimentaires » et technologie numérique se conjuguent pour interroger les mécanismes de la perception et de l’illusion. C’est une autre facette du théâtre de marionnettes. Un théâtre aux mains nues. Un spectacle atypique dans lequel se jouent ce que le metteur en scène aime appeler ses « comptines visuelles et jeux de mains augmentés ».