Spécificité du bunraku (théâtre japonais de marionnettes) : le porteur entretient un rapport protecteur magnifique avec sa marionnette. Le manipulateur est attentif au comportement maladroit, capricieux, imprévisible de ce petit personnage de bois dont il guide les pas et la conduite. C’est encore plus vrai avec le petit Taqqi, tellement innocent et attachant. Aussi, les tissus et les ombres chinoises finissent de parfaire le décor sans cesse en mouvement, en flottaison.

Cette fable est inspirée de La légende du Narval, saga inuit. La mise en scène est accompagnée de chants gutturaux traditionnels inuits, posés sur des musiques contemporaines. La pièce évoque un enfant recouvrant la vue. Mais il est surtout question d’humanité et d’entraide, de quête initia-tique, de rites et de compassion. Des enfants grandissent au milieu de cette neige, de cette glace, du froid de cet univers tout blanc. Pourtant, malgré ce décor singulier, leur apprentissage de la vie est-il si différent du nôtre ?