Philippe Car rend hommage au poète marseillais à travers une pléiade de personnages qui crient la passion du théâtre. Une véritable ode à l’écriture.

Saga marseillaise. 2018 aura été l’année Rostand : le 1er avril aura marqué les 150 ans de la naissance de l’auteur à Marseille, le mois de décembre, les 100 ans de sa mort, et le mois d’octobre, la création de la pièce de Philippe Car aux Bernardines, clin d’œil à propos puisque le théâtre abrita l’ancienne chapelle du lycée Thiers où Rostand fut élève.

Seul en scène, Philippe Car incarne plus de quarante personnages et traverse les étapes importantes de la vie du poète. De sa jeunesse provençale, ses vacances à Luchon, ses premiers pas dans la poésie, sa rencontre avec Rosemonde, sa découverte du monde du théâtre jusqu’à la gloire qu’il rencontra à vingt-neuf ans, le 28 décembre 1897, lors de la Première de Cyrano de Bergerac. Travailleur appliqué mais dépressif, Rostand gérait mal la pression. Cette gloire, trop grande pour lui, le rendit malade et le fit fuir la capitale et ses mondanités.

Jusqu’au rêve qui illustre le dernier souffle du poète, Philippe Car raconte la passion du théâtre, la découverte de la mise en scène, ses doutes et ses joies. Il rend ses lettres de noblesse à Rostand, l’humaniste qu’on taxait à tort de va-t-en-guerre, Rostand l’auteur passionné qui ne fut pas aussi prolifique que Victor Hugo, mais qui écrivit bien plus que le chef-d’œuvre auquel on le réduit. Rostand, le marseillais, l’humaniste, le passionné et l’optimiste, ressemblance frappante avec Philippe Car et son Agence de Voyages Imaginaires.