Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. écrit Albert Camus. La compagnie Les Veilleurs combat âprement toute pauvreté du langage, estimant qu’elle
limite la représentation du monde et gangrène même jusqu’à la pensée.

Les Veilleurs croient en la littérature, en la poésie, en la spécificité de la plume des auteurs qui se doit d’ouvrir non pas des mondes hermétiques mais poétiques et surtout accessibles à chacun. Les Veilleurs croient ardemment que le théâtre réinsère de la pensée dans le langage.

Une œuvre essentielle pour les petits et pour les grands. Voilà l’histoire singulière d’un père, d’une mère et de leur fille. L’enfant se souvient. Elle a dix ans. Elle raconte. Ses parents immigrés décident de lui offrir un destin meilleur que le leur, persuadés que, pour échapper à la misère et à l’ignorance, une éducation stricte est indispensable. La petite fille aimerait être comme les autres petites filles, s’amuser, rêver, se rendre aux anniversaires de ses amis. Son père refuse, la surveille, la corrige. Rien que pour son bien. L’œuvre interroge, pose les questions de la transmission des traditions familiales, l’école, les rapports femme / homme, la pauvreté et la maltraitance. Elle nous jette aussi au visage les conséquences de « l’injonction d’exemplarité » exigée des immigrés pour légitimer leur présence sur un territoire d’accueil. Ils doivent non seulement faire bien mais faire mieux encore. Se tordre ainsi à une conformité culturelle. Quelle étrange idée que ce culte de l’identique, non ? Et comment grandir quand on se sent différent ?