Avec la déferlante mondiale pointant les violences sexistes, gageons que la célèbre réplique « le petit chat est mort » résonnera comme la carmagnole dans cette farce inusable de l’incontournable Molière.
Répertoire d'anthologie.

On connaît l’histoire : Arnolphe s’apprête à épouser sa fille adoptive, la jeune Agnès, qu’il a placée dans un couvent, à l’âge de quatre ans, et qu’il a fait élever selon des préceptes « pour la rendre idiote autant qu’il se pourrait ». Quatre siècles plus tard, L’École des femmes continue à être cette corde raide sur laquelle toute jeune comédienne s’exerce à danser. Pas facile, ce rôle d’adolescente à la désarmante innocence ! Pas facile, ce rôle de vieux barbon dont le totalitarisme misogyne le dispute à la bêtise.

Pas facile de démonter la parfaite machine de théâtre que fabrique Molière, toujours sur le bord du gouffre et dont on ne sait jamais de quel côté va tomber le rire, la pitié ou la colère. Stéphane Braunschweig propose une lecture nouvelle de ce chef-d'œuvre qui cache, derrière le rire, d’infinies interprétations, de troubles sentiments. Molière a situé l’action devant la maison où est séquestrée Agnès mais Stéphane Braunschweig s’intéresse aux scènes qui se passent à l’intérieur, et qui vaguement racontées, créent de véritables espaces de fantasme pour le spectateur. Explorer le roman caché de la maison, entrebâiller les volets fermés, voilà ce que propose l’actuel directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe que le Gymnase accueille pour la troisième fois.