Figure emblématique du théâtre de Molière, Argan, riche bourgeois hypocondriaque, fait peser sur l’ensemble de sa maison les angoisses de mort qui l’obsèdent et le torturent au quotidien. La pièce est un chef d’oeuvre. Cette brillante comédie-ballet brocarde le discours des médecins à travers une belle galerie de portraits et des situations comiques irrésistibles.

Ces rôles savoureux sont servis par une troupe de comédiens formidables, dans un décor réduit à l’essentiel, avec un fauteuil comme élément central. André Marcon, magistral, incarne ce malade imaginaire, égoïste et geignard, aussi présent dans ses silences que dans son flot de paroles. Face à lui, la pétillante Norah Krief rivalise d’énergie et de malice, tandis que les seconds rôles explosent dans une partition parfaitement équilibrée où chacun est une pièce maîtresse du dispositif.

Michel Didym fait une incursion remarquée dans le champ du théâtre de répertoire. Ce Malade imaginaire est une réussite.